Les habitués de bars et salles de divertissement dans le Sunny Isles des années soixante dix se souviennent probablement du sourire de Lucie Caron-Poulin. Vous laurez vue au Petit Québec, au Suez, au Beacharbour, à louvrage ou en train de prendre du bon temps en compagnie de son mari Yves. Le couple habite toujours la Floride et na aucunement lintention de quitter, bien au contraire.

Lucie et Yves deux natifs de la Beauce, sétaient rencontrés à Washington D.C., avant de « tomber en amour en Floride » en 1969, puis daller se marier au Québec deux ans plus tard.
Le père de Lucie travaillait dans la construction, de même que Yves. Celui-ci rappelle que louvrage ne manquait pas dans ce domaine, fin des années soixante jusque dans lautre décennie. « On a été remplacés par les Mexicains », ajoute-t-il avec humour.
Le bébé de lannée
Lucie a uvré une dizaine dannées au Suez en tant que serveuse ou barmaid, là où sa sur Hélène est demeuré 25 ans reine du pool bar. Cest là où Roland Salvas est allé chercher Lucie pour travailler au Petit Québec, car il avait besoin dune personne résidant en Floride à lannée longue. Il lui a acheté des pars dans lentreprise, aventure qui a duré 2 ans et demi.
« On avait de belles soirées, de belles soirées canadiennes » se souvient Lucie. « En 1972, nous avons eu le « bébé de lannée »... Gérard Vermette : il sétait déguisé en poupon, avec une grosse couche.
Un gentil monsieur
Lucie mentionne également le magicien Stéphano, Claude Valade, Minimum, Roland Montreuil qui firent les beaux soirs du Petit Québec. De même que lex-Miss Laval qui ouvrira un bar et terminera sa carrière floridienne au début du 21e siècle.
Elle parle aussi de ceux que lon appelle « les mauvais garçons », dont Eugène Lefort qui lui avait dit : « Lucie, tu peux fermer ton restaurant ce soir, je tamène 50 personnes... « Cétait un très gentil monsieur, avec du cash. Lui et ses amis ont fait vivre la beach pendant longtemps. »
De continuer
Lucie :
« Si on navait pas eu les Québécois, la beach naurait
pas survécu. Au Château, au Caravan, cétait plein
tous les soirs pour la danse. Même chose au Hawian Isles et au Suez, le
meilleur hôtel au monde. Cétait dur de travailler là,
le patron était difficile mais cétait une belle clientèle
».
Précisons que Lucie Poulin a travaillé pendant 8 ans dans la salle à manger du Suez, quelle y est devenue gérante et quil quelle y a uvré pendant deux années au bar où se trouvait sa sur Hélène.
Éloge de Gaston Beaulieu
« Je mennuie de ça », déclare Lucie. « Les Canadiens sont les meilleurs clients au monde Léconomie était bonne, cétait le bon temps. Un de mes bons patrons fut Gaston Beaulieu, au Red Lion. Il connaissait son affaire. Il rentrait dans le bar, il regardait la salle et savait à 100$ près le contenu de la caisse. Un beau travailleur.»
Yves Poulin, quarante ans comme contracteur, a aussi eu la responsabilité de la piscine au Beacharbour, co-propriété à lépoque de Yvan Dubois...
Dur à
battre, la Floride
Nous leur
demandons :
- La Floride, cest votre vie, et ce le sera toujours ?
Yves .- Ah oui, ah oui ! Puis on est presque retirés. Cest dur
à battre la Floride, surtout en hiver. Y a pas une place ailleurs où
je voudrais vivre.
Lucie.- Moi, je continue : je travaille depuis 5 ans au Seminol, au casino .
On a notre maison, notre bateau, nous jouons au golf à tous les dimanches,
on rencontre des Canadiens... Mais pour quelquun qui arrive maintenant,
je pense que cest plus dur que nous dans le temps. »
Un couple sympathique, des gens de plaisir que Lucie et Yves Poulin.

Lucie et Yves Poulin au bar Tahiti des Casteways dans les années soixante-dix.

Lucie et sa sur Hélène Caron au Red Lion.

Lucie
derrière son bar, au Beacharbour.